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15/10/2017

« NOUS N’AVONS L’INTENTION DE PARLER QU’A CEUX QUI NE NIENT PAS L’EXISTENCE DE CETTE DÉGRADATION (…) et qui sont encore moins mal à l’aise avec une vérité difficile et obscure, qu’ils ne le seraient avec une évidente absurdité. »

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« Ne retraçons point ici toutes les démonstrations déjà données de la dégradation humaine ; il faut être désorganisé pour nier cette dégradation, qui est plus qu’évidemment constatée par un seul des soupirs dont le genre humain remplit continuellement notre terre et par cette idée radicale que l’auteur des êtres place toujours toutes ses productions dans leur élément naturel. Car, pourquoi nous trouvons-nous si loin du nôtre ? Pourquoi, étant actifs par notre nature, sommes-nous comme submergés  et enchaînés par les choses passives ? Les hommes ont le droit de chercher partout où ils voudront les causes de cette affligeante et trop réelle désharmonie, excepté dans le caprice et la cruauté de notre souverain principe, dont l’amour, la sagesse et la justice doivent être à jamais un éternel rempart contre nos murmures. »

(L.-C. de Saint-Martin, Ecce Homo, § II)

 

« La mort représente donc, concrètement, l’état de dégradation morale, d’entière corruption, de faiblesse et d’extrême culpabilité des hommes ; nous sommes « morts dans nos fautes et dans nos péchés » (Éphésiens, II, 1), frappés d’indignité et réprouvés selon la chair. La sentence de notre désobéissance nous la portons, de génération en génération, dans notre pauvre chair destinée à la maladie, à la décrépitude puis à la tombe.

Il faudrait, ainsi, être aveugle pour nier la tristesse de l’état dans lequel nous nous trouvons (…). Il faudrait être fou, ou l’esprit aveuglé par les théories d’une « imprudente philosophie », pour nier l’évidence d’une ingrate et pénible situation, d’un affligeant état dont la charge pèse très lourdement sur nos âmes meurtries et affectées. Le mal a pénétré toutes les sphères, la moindre parcelle de vie, « le mal a tout souillé, et, dans un sens très vrai, tout est mal puisque rien n’est à sa place. […] Tous les êtres gémissent et tendent avec effort vers un autre ordre des choses », réaffirmera avec une sévère pertinence Joseph de Maistre  [Œuvres Complètes,  t. 1, Librairie Emmanuel Vitte, 1854, p.39]. L’ami de l’austère comte savoyard, Louis-Claude de Saint-Martin, quant à lui, voyant en Dieu la bonté de son cœur, pleurant sur ses enfants éloignés des bienfaisantes consolations de l’amour, nous demandera, surtout et en premier lieu, d’examiner l’étendue de notre responsabilité : « Puisque nous ne pouvons imputer à la suprême sagesse d’avoir conspiré en rien avec nous dans l’abus de ces sublimes privilèges, nous sommes forcés d’en attribuer tous les torts à la puissance libre de notre être, laquelle étant fragile par sa nature s’est livrée à sa propre illusion, et s’est précipitée dans l’abîme de sa propre faute […] nous ne pouvons plus être que les témoins de l’opprobre et du mensonge. » (L.-C. de Saint-Martin, Ecce Homo § II & III).

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Jean-Marc Vivenza, « Le sens spirituel de la mort selon la doctrine de l’illuminisme mystique », in  Entretiens spirituels et écrits métaphysiques, Le Mercure Dauphinois, 2017, pp. 209-210.

 

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