05/03/2018
« APRÈS AVOIR CONNU LES JOIES CÉLESTES, NE POUVEZ-VOUS PAS DESCENDRE JUSQU’À LA VASE DU LAC DE LA MORT ? »
« Leur dernier degré de condensation est encore si limpide, que l’œil de l’homme n’en pourrait soutenir l’éclat, s’il n’a acquis sa force et sa maturité. »
« Heureuses les âmes qui s’humilient devant la vérité, qui supportent en paix la lenteur de la rosée salutaire ! Croiras-tu guérir ta plaie par l’impatience ? Et en levant trop tôt l’appareil, ne la feras-tu pas s’envenimer davantage ? Gémis, prie et attends. Regarde combien les astres sont au-dessus de la terre ; le trône de l’Éternel est si loin au-delà de ces sphères, que tu n’as plus de nombre pour en exprimer l’élévation. C’est là que naissent les eaux bienfaisantes qui seules peuvent fertiliser ta demeure terrestre. Là elles sont pures, subtiles, imperceptibles aux sens de la pensée humaine. A mesure qu’elles descendent, elles ne perdent point leurs qualités vivifiantes ; mais elles se condensent pour s’approprier à notre nature. Leur dernier degré de condensation est encore si limpide, que l’œil de l’homme n’en pourrait soutenir l’éclat, s’il n’a acquis sa force et sa maturité. Tant qu’il est privé de cet air vivant et créateur, comme l’enfant dans le sein de sa mère est privé de l’air naturel, toutes ses facultés sont dans l’inaction. Voilà la vie qui le pénètre ! Voyez son âme aspirer et respirer la vie. Voyez-le entrer en relation avec son atmosphère primitive, et commencer avec elle le commerce qui ne cessera point, comme doivent cesser un jour, et la vie de son corps, et le flux et reflux de la nature. Non, mortels, non, êtres privilégiés, il ne cessera point pour vous : mais ne peut-il avoir encore des suspensions ? Après avoir connu les joies célestes, ne pouvez-vous pas descendre jusqu’à la vase du lac de la mort ? Ne pouvez-vous pas tomber en proie aux illusions de cet être trompeur qui souffle sans cesse aux hommes des plans au-dessus de leurs moyens, afin qu’ils soient couverts de honte et d’humiliation ? Sagesse, sagesse, tu agites quelquefois l’homme avec un bras puissant ; tu l’élèves aux régions suprêmes, tu le plonges dans l’abîme. Tu lui fais sentir, tantôt les glaces du Nord, tantôt la chaleur dévorante du Midi, afin qu’il sache que toi seule es le Seigneur, et afin qu’il ne se glorifie, ni ne se décourage. L’espérance et l’humilité, voilà les éléments dont tu veux composer en lui la charité divine, cette vertu qui sera son seul titre pour être admis dans la séjour de la paix, de la jouissance et de l’amour.
»(Louis-Claude de Saint-Martin, L’Homme de désir, chant 36.)
« C’est là que naissent les eaux bienfaisantes ... »
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