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12/04/2017

« ET L'HOMME A SA MORT SE TROUVE COMME CONFONDU AVEC LES RUINES DE SA FORME CORPORELLE (...) »

« (...) ces débris même devant rester entassés sur lui, tant qu'il ne sentira renaître au centre de son existence, rien d'assez vivant pour briser et détruire les liens qui l'attachent à la région inférieure des corps.[*] »

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« [La Vérité] veut que cet homme se lave et se régénère perpétuellement, et en entier dans la piscine du feu, et dans la soif de l'unité ; elle veut qu'il fasse boire chaque jour ses péchés à la terre, c'est-à-dire, qu'il lui fasse boire toute sa matière, puisque c'est là son vrai péché ; elle veut qu'il tienne sans cesse son corps prêt à la mort et aux douleurs, son âme prête à l'activité de toutes les vertus, son esprit prêt à saisir toutes les lumières, et à les faire fructifier pour la gloire de la source d'où elles lui viennent. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Le Nouvel homme, § 1).


« Ce qui est manifesté est condamné à disparaître, est destiné à être englouti définitivement sans aucun espoir de retour. » (J.-.M. Vivenza, René Guénon & la tradition primordiale, Editions la Pierre Philosophale, 2017)

 

[*] Tableau naturel, XV

01/03/2017

« Que le feu de cet esprit consume en moi jusqu’aux moindres traces du vieil homme, et qu’après l’avoir consumé, il fasse naître de cet amas de cendres, un nouvel homme sur qui ta main sacrée ne dédaigne plus de verser l’onction sainte. »

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« Que dire donc à ceux qui ne veulent pas croire à une diversité d'actions génératrices primitives, pour la production de la matière et qui, par conséquent, regardent cette matière comme une chose éternelle et dont la réintégration est impossible ? Il faut leur répondre par de simples faits : depuis que le monde existe, la terre a reçu dans son sein les cadavres d'un grand nombre d'hommes et d'un grand nombre d'animaux ; cependant elle n'a pas augmenté de volume pour cela, ainsi il faut bien que leurs formes ne soient pas inréintégrables et que, par conséquent, celle de la matière universelle ne soit pas inréintégrable non plus. Mais l'incinération est encore une objection qu'on peut leur présenter : car, si le simple feu élémentaire réduit un corps à une si petite portion de cendres, comment ne pas voir que le feu supérieur pourra réduire encore davantage, puisqu'il est plus actif, le corps général de la nature. Ainsi les formes peuvent être aisément réintégrées dans le principe qui les a produites et tout nous montre comment il est possible que l'univers disparaisse et soit réintégré.» 

(L.-C. de Saint-Martin, De l’esprit des choses, vol. I., «Des éléments mixtes et de l'élément simple»)

05/02/2017

« VÉRITE SAINTE, TU ES ENCORE COMME ENSEVELIE DANS LES SÉPULCRES ; MAIS TU Y AS ÉTÉ ENTERRÉE VIVE. »

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« In momento in ictu oculi in novissima tuba canet enim et mortui resurgent incorrupti et nos inmutabimur. » (1 Corinthiens, 15 :52)

 

« Tu renaîtras de toutes les régions de la terre, et tu replongeras la mort dans son tombeau, pour qu’elle s’y convertisse en pourriture. C’est le Seigneur lui-même qui te relèvera, et qui fera flotter tes enseignes aux yeux des nations. Que vous a-t-il dit ? Toutes les armées qui auront été préparées pour vous blesser, ne porteront point contre vous ; et vous jugerez vous-mêmes toutes les langues qui seront élevées contre vous, pour vous faire condamner. C’est là l’héritage des serviteurs du Seigneur ; C’est ainsi qu’ils trouveront justice auprès de moi, dit le Seigneur. Vous donc, tristes victimes des afflictions humaines, redoublez d’efforts pour ne pas laisser éteindre en vous le flambeau des consolations. Le trajet est court : vous voyez déjà l’autre rive. Ne vous restât-il qu’une étincelle de la vivifiante espèce, conservez-la précieusement. Quand vous arriverez dans les régions de la vie, il ne vous faudra que cette étincelle pour les embrasser toutes entières, et les rendre à jamais toutes lumineuses pour vous. Parce que les substances qui les composent sont plus faciles à enflammer que celles de la foudre même, et plus mobiles que les éclairs. »

L.- C de Saint-Martin, L’homme de désir (1792), 14.


En un instant, en un clin d’œil

Les morts se relèveront, incorruptibles

 

31/10/2016

« Mais le soir tu te couches dans l’affliction et dans les larmes, parce que tu as en vain cherché ton épouse »

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« Homme, le mal est encore plus grand. Ne dis plus que l’univers est sur son lit de douleurs ; dis : l’univers est sur son lit de mort. »

 

« Oui, soleil sacré, c’est nous qui sommes la première cause de ton inquiétude et de ton agitation. Ton œil impatient ne cesse de parcourir successivement toutes les régions de la nature ; tu te lèves chaque jour pour chaque homme ; tu te lèves joyeux, dans l’espérance qu’ils vont te rendre cette épouse chérie, ou l’éternelle SOPHIE, dont tu es privé ; tu remplis ton cours journalier en la demandant à toute la terre avec des paroles ardentes où se peignent tes désirs dévorants. Mais le soir tu te couches dans l’affliction et dans les larmes, parce que tu as en vain cherché ton épouse ; tu l’as en vain demandée à l’homme ; il ne te l’a point rendue, et il te laisse séjourner encore dans les lieux stériles, et dans les demeures de la prostitution.

Homme, le mal est encore plus grand. Ne dis plus que l’univers est sur son lit de douleurs ; dis : l’univers est sur son lit de mort ; et c’est à toi de lui rendre les derniers devoirs ; c’est à toi à le réconcilier avec cette source pure dont il descend, cette source qui n’est pas Dieu, mais qui est un des éternels ouvrages de sa puissance, et dont l’univers n’eût jamais dû être séparé ; c’est à toi, dis-je de le réconcilier avec elle, en le purgeant de toutes les substances de mensonge dont il ne cesse de s’imprégner depuis la chute, et à le laver d’avoir passé tous les jours de sa vie dans la vanité. »

L.- C. de Saint-Martin, Le Ministère de l’Homme-Esprit (1802), première partie, « De la Nature »


16/10/2016

« La réalité apparente est destinée à la disparition, à la finitude et au néant »

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« L’homme n’est, ne vit, et n’agit que dans la vanité et le néant »

 

 

« Deux ordres de réalité que tout oppose traversent l’homme, le déchirent, le partagent générant en lui des contradictions permanentes, des hésitations, des doutes, des repentirs, des effrois, et cela de son premier à son dernier souffle, car tout est en lutte, non seulement à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur de l’homme, la loi des contraires ne cessant d’exercer son pouvoir sur chaque aspect du réel ; rien n’y échappe, rien n’est en mesure de s’y soustraire puisque la matière, dont tout est composé, est vouée à ce qui apparaît, croît se dégrade et meurt. Immense et irréversible mouvement qui dicte et imprime inexorablement au monde créé sa détermination et ses obligations impératives, faisant que nous sommes, concrètement, placés dans un cadre où la dualité, c’est-à-dire, pour être clair, l’opposition radicale entre la région terrestre et la région céleste, se déploie de manière la plus rigoureuse et effective qui soit. C’est pourquoi, les discours visant à relativiser cette opposition, qu’ils relèvent des vues consolantes ou des rêveries pieuses n’ont, strictement, aucun sens, ils peuvent tranquilliser l’esprit un instant, mais sont contredits constamment, et finalement déçoivent, en ramenant la créature à la dure expérience du réel, à la réalité dite, pour de justes raisons, « apparente », car ne possédant aucune consistance ontologique, une réalité matérielle destinée à la disparition, à la finitude et au néant ; un monde matériel provenant du néant, appelé à y retourner pour s’y dissoudre et disparaître à tout jamais, nous mettant en présence d’une réalité factice et illusoire – c’est-à-dire « apparente » -, identique au non-être ou au « rien » (nihil), dans la mesure où elle ne possède pas, en elle-même, son origine et sa substance, n’ayant ni la capacité de se soustraire à son anéantissement, ni les moyens de percer à jour la cause première placée à la source de la manifestation.

Saint-Martin ne s’y trompe pas, et n’abuse pas du vocabulaire lorsqu’il parle de « la masse du néant dans lequel est absorbé tout [notre] être » (Le Nouvel homme, § 1), ou lorsque soutenant que « L’homme n’est, ne vit, et n’agit que dans la vanité et le néant » (Ibid., § 23), car nous nous trouvons, objectivement, en présence d’une différence foncière entre deux règnes antagonistes, un règne fondé sur la lumière éternelle de la Vérité, un autre dominé par la nuit mortifère du néant, un règne qui possède sa vie hors de ce monde infecté par la matière, un autre qui est né de la corruption et ne se complaît que dans l’obscurité ténébreuse, une loi spirituelle d’un côté, une loi charnelle de l’autre séparant, entre ancien et nouveau, deux principes irréductibles : « Le sens de cette réponse peut en effet annoncer la différence du règne de la matière, et du règne de l’esprit, parce que le règne de la matière ne va jamais qu’en dégénérant, puisque son principe, ses moyens, son terme, tout est borné en elle, et finit par le néant ; au lieu que le règne de l’esprit ne peut aller qu’en s’accroissant continuellement, et promet toujours à l’homme de nouvelles jouissances ; or cette différence était clairement indiquée, puisque c’est le Réparateur lui-même qui avait agi directement, et spirituellement sur l’eau dont il avait fait remplir les urnes. En outre, le sens de l’observation du maître d’hôtel annonçait avec encore plus de clarté le caractère, et le terme de la loi ancienne, et l’esprit de la loi nouvelle que l’amour divin venait apporter sur la terre. » (Le Nouvel homme, § 35). »

Jean-Marc Vivenza, Le mystère de l’Église intérieure, ou la « naissance » de Dieu dans l’âme. Le cœur métaphysique et ontologique de la doctrine saint-martiniste,  Editions la Pierre philosophale, mars 2016, pp. 49-50

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12/03/2016

« Nos esprits ne s’en vont réellement point. »


« Quand on me demande si je crois aux revenants, je réponds que non, parce que je ne crois point aux s’en allants, attendu que malgré notre mort terrestre, nos esprits ne s’en vont réellement point, et que c’est leur affection qui fait toute leur localité. »

(L.-C. de Saint-Martin, « Portrait », 553)

06/02/2016

« Le malheureux homme offre à nos yeux le même tableau, et avec des couleurs cent fois plus choquantes et propres à jeter la désolation dans toutes les substances de l'esprit. »


« La vie divine pénètre les âmes, comme l'air pénètre tous les corps. Elle pénètre les âmes pour qu'elles puissent germer et produire des fleurs sans nombre, et dignes de parer le jardin d'Eden. Mais ces mêmes âmes, au lieu de remplir l'atmosphère de la douce odeur des aromates bienfaisantes, ne répandent dans la région de l'homme que les poisons les plus pénétrants et les plus fétides. Pleurons de honte et d'humiliation de nous trouver si loin de notre patrie ; de nous trouver continuellement serrés et déchirés par le cilice de l'iniquité. Le sang ruisselle de tous nos pores, et de peur que la douleur ne soit pas assez vive, nous tournons le glaive mutuellement dans nos plaies, et nous nous servons tous de bourreaux les uns aux autres. Amis, amis, bornons-nous à nous servir réciproquement de sacrificateurs, et efforçons-nous chacun de faire sortir de l'âme de nos frères, des victimes pures, qui puissent être présentées sur l'autel des holocaustes. »

(L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme, §30)

25/12/2015

« Un sévère et farouche geôlier nous jette rudement notre grossière nourriture, et se retire sans daigner même nous adresser le moindre mot de consolation. »


« Mais combien est petit le nombre de ceux pour qui brille enfin le jour de la délivrance ! Combien d’autres au contraire voient se multiplier leurs fers, et sont condamnés à ne jamais connaître le moindre soulagement ! Combien en est-il qui doivent passer leurs jours dans les cachots, et pour qui il n’y aura point d’intervalle entre les horreurs de leur prison, et les horreurs de leur tombeau ! »

(L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme, §50)

31/10/2015

« Aie toujours présent à l'esprit que tu as un corps qui appartient à la terre » (L.-C. de Saint-Martin, Le Livre Rouge, 264).

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« Qui suis-je ? Un vil amas de dégoûtantes ordures qui ne répandent en moi et autour de moi que l'infection (1). »

« Que suis-je, moi qui parle avec toi ? Malheur à moi ! Seigneur, épargne-moi ; moi, cadavre en décomposition, pâture des vers, ustensile infect, proie des flammes ! Que suis-je moi qui parle avec toi ? Malheur à moi ! Seigneur, épargne-moi ; malheureux homme que je suis ; un homme né de la femme, vivant peu de temps, rempli de mille misères (cf. Job, 14, 1) ; un homme devenu semblable à la vanité (cf. Ps. 143, 4), comparable aux bêtes sans raison et déjà devenu semblable à elles (cf. Ps. 48, 13). Que suis-je encore ? Un abîme ténébreux, une terre de misère, un fils de la colère, un ustensile à usage vulgaire (cf. Tim. 2, 20), engendré dans la saleté, vivant dans la misère, destiné à mourir dans l’angoisse. Hélas ! Misérable, que suis-je ? Que vais-je être ? Et que suis-je ? Un tas de fumier, une fosse de décomposition… »

Augustinus, Soliquia animae ad Deum, cap. 2 (édi. Des Mauristes, t. VI, col. 86 ; PL 40, 866-867)

(1) Louis-Claude de Saint-Martin, Prière n°8. in Jean-Marc Vivenza, Pratique de la prière intérieure, éditions La Pierre Philosophale, octobre 2015, p. 191

30/08/2015

« QUEL EST DONC LE TRISTE ETAT DE LA POSTERITE HUMAINE, OU L’HOMME DE DESIR LUI-MEME EST REDUIT A PLEURER EN VAIN ...

... et à voir ses frères ou liés par de fortes chaînes dans de ténébreux cachots ou transportés dans les sépulcres de la mort et de la putréfaction ! Et cela sans qu'il lui soit possible d'agir pour leur délivrance, ni de rien opérer pour eux ! Il n'est que trop vrai, malheureux homme, que le temps, et la mort sont les rois de ce monde. » (Le Nouvel homme, § 50)

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Ecce Homo

 

« C’est au moment de sa naissance corporelle, qu’on voit commencer les peines qui l’attendent. C’est alors qu’il montre toutes les marques de la plus honteuse réprobation ; il naît comme un vil insecte dans la corruption ; il naît au milieu des souffrances et des cris de sa mère, comme si c’était pour elle un opprobre de lui donner le jour ; or quelle leçon n’est-ce pas pour lui, de voir que de toutes les mères, la femme est celle dont l’enfantement est le plus pénible et le plus dangereux ! Mais à peine commence-t-il lui-même à respirer, qu’il est couvert de larmes et tourmenté par les maux les plus aigus. Les premiers pas qu’il fait dans la vie annoncent donc qu’il n’y vient que pour souffrir, et qu’il est vraiment le fils du crime et de la douleur. Ô homme, verse des larmes amères sur l’énormité de ton crime, qui a si horriblement changé ta condition ; frémis sur le funeste arrêt qui condamne ta postérité à naître dans les tourments et dans l’humiliation, tandis qu’elle ne devait connaître que la gloire, et un bonheur inaltérable. »

(L.-C. de Saint-Martin, Des erreurs et de la vérité, 1782)


« La tristesse éternelle d'un ange sur la terre (...) »

 

04/05/2015

"La mort n’est plus pour nous que l’entrée dans le temple de la gloire"

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« La mort ! est-ce qu’il y en a encore ? est-ce qu’elle n’a pas été détruite. Est-ce que le grand sacrificateur et le grand instituteur de la prière, n’a pas épuisé toutes les angoisses de cette mort par son supplice ? est-ce qu’il n’a pas souffert la mort de violence, afin que nous n’eussions plus que la mort de joie ? est-ce que, depuis qu’il a tout consommé, nous pouvons encore avoir quelque chose à souffrir ? Non, la mort n’est plus pour nous que l’entrée dans le temple de la gloire. Le combat a été livré, la victoire est remportée, nous n’avons plus à recevoir de la main de la mort que la palme du triomphe. La mort ! est-ce la mort corporelle que le sage compterait pour quelque chose ? Cette mort n’est qu’un acte du temps ; quel rapport cet acte du temps pourrait-il avoir avec l’homme de l’éternité ? aussi l’homme n’aurait pas l’idée de la mort, s’il n’avait pas le sentiment d’éternité avec lequel cette idée de mort fait contraste, et l’on peut tirer delà une autre conséquence, c’est que l’homme sage doit avoir la connaissance morale de sa mort particulière. Il doit la suivre dans tous ses détails : il doit se voir mourir, puisque son éternité personnelle doit voir tout ce qui se passe dans le temps pour lui. Mais, pour qu’il remplisse dignement cette importante tâche, il faut qu’il remplisse dignement tous les instants de l’importante tâche de sa vie, sans quoi il meurt dans les ténèbres, et sans le savoir, comme les hommes et les nations du torrent. Or, le seul mal que nous puissions éprouver de la part de la mort, c’est de mourir avant de naître ; car pour ceux qui naissent avant de mourir, la mort n’est plus qu’un vrai profit pour eux. »

Louis-Claude de Saint-Martin, Pensée sur la mort, in Œuvres posthumes, 1807.

31/12/2014

"Le lieu de notre séjour authentique"

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« La "demeure de la lumière", sans conteste, pour tous les esprits éclairés qui aspirent à la plénitude de la Pax Profunda, est notre patrie céleste ; le lieu de notre séjour authentique, un séjour éloigné des mirages trompeurs, distant des illusions de ce monde de matière dégradé et voué à la mort, région infernale, sans cesse tiraillée par les oppositions les plus violentes, déchirée par d’abominables souffrances, en permanence confrontée aux furieuses tempêtes des éléments, brutalement dominée, de façon plus cruelle encore, par les dérèglements psychiques, les aveuglements spirituels, le mensonge, l’envie, la fausseté, la trahison, l’erreur volontaire, la guerre, la folie, les passions irrationnelles, la maladie et la corruption, et, pour le dire en un mot, soumise, inexorablement en offrant nulle possibilité de s’en affranchir, à l’effrayante puissance du mal, sachant que "le monde entier est au pouvoir du Malin" (1 Jean V, 19).

J.- M. Vivenza, Le culte en esprit de l’Église intérieure, éditions La Pierre Philosophale, septembre 2014, p. 42

18/10/2014

"La Société toute entière des Indépendants avait aussi les yeux ouverts sur les grands événements qui se passaient"

« La Société toute entière des Indépendants avait aussi les yeux ouverts sur les grands événements qui se passaient ; chacun des membres de cette société éclatait dans les transports de joie, de voir s’accélérer le règne d’une juste puissance, et le triomphe de la Vérité. Il y eu parmi eux de saints cantiques chantés d’avance, et de nouvelles annonces prophétiques sur les succès encore plus considérables qui devaient suivre et annoncer la bonne cause. »

(L.- C. de Saint-Martin, Le Crocodile, Chant 62.)

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20/06/2014

"Maudit est le sol à cause de toi…"

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« La vision de nos “illuministes” du XVIIIe est, dans sa formulation théologique, d’une grande conformité à la parole de l’Évangile et de Saint Paul portant le souvenir de la malédiction proférée par l’Éternel après la Chute : « Maudit est le sol à cause de toi…» (Genèse 3, 17). Il me semble – et c’est, encore une fois, une méprise récurrente aux incalculables dégâts dans l’Église et sa pastorale actuelle – , que c’est oublier que le monde dans lequel nous nous trouvons n'est pas du tout celui qui fut voulu par Dieu. Ce dernier, au moment de l'injonction divine : «Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre», ne connaissait originellement ni le péché, ni la mort, ni la maladie, ni la division, ni le crime, ceci expliquant pourquoi la réalité existentielle que nous subissons pour notre pénible honte, résultant d'un dégradation survenue à la suite des actes malsains, répétés et reproduits de génération en génération, d'une humanité insoumise, est à présent dans un état de profonde corruption, ainsi que le martèlera avec une souveraine lucidité l'apôtre Paul face à l'aveuglement hédoniste des païens : «Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu'à maintenant ; et non seulement elle, mais nous-mêmes aussi qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes attendant l'adoption, la délivrance de nos corps.» (Romains 8, 22-23). D'où ce rappel formel de l’Écriture : «N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde : si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui.» (1 Jean 2,15) ; et : «Quiconque donc voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu.» (Jacques 4, 4).

Jean-Marc Vivenza, in « Signes & symboles », sept. 2007. 

26/02/2014

Leçon de Lyon n°86



Jean de Sainte-Colombe (1640-1700), Le tombeau des regrets, "Les pleurs"

« L’homme doit se souvenir que son corps et tout ce qui est matière disparaîtra un jour et s’évanouira comme une fumée dans l’air, pendant que son être spirituel mineur continuera d’exister éternellement…. »

(Leçon de Lyon n°86, 5 janvier 1776)

20/01/2014

"Ne cachons plus cet homme de mensonge dans ses propres décombres et dans ses immondices"

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« Montrez-les nous se nourrissant du pain des larmes, gardant les uns auprès des autres le silence morne de la douleur et ne le rompant par intervalle que pour faire entendre les sons entrecoupés de la pénitence et pour que l’homme dise à l’homme : mon frère, c’est sur l’homme de mensonge que nous avons fondé le règne de la mort qui nous enveloppe de ses ténèbres. Ne cachons plus cet homme de mensonge dans ses propres décombres et dans ses immondices, efforçons-le de le faire paraître à découvert, afin que l’air vif le corrode jusque dans ses racines et que le règne de la mort, se trouvant ébranlé par là dans ses fondements, puisse s’écrouler et se perdre pour nous au fond de ses abîmes. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce Homo, § 3)

19/01/2014

"Et voilà cependant cet abîme d’horreur où je n’ai pas craint de faire mon séjour"


« Kreuzweg Ost, Sainte Obéissance »

 

« Seigneur, comment oserais-je me regarder un instant sans frissonner d’horreur sur ma misère ! J’habite au milieu de mes propres iniquités qui sont les fruits de mes abus dans tous les genres, et qui sont devenus comme mon vêtement ; j’ai abusé de toutes mes lois, j’ai abusé de mon âme, j’ai abusé de mon esprit, j’ai abusé et j’abuse journellement de toutes les grâces que ton amour ne cesse journellement de répandre sur ton ingrate et infidèle créature. C’est à toi que je devais tout offrir et tout sacrifier, et je ne devais rien offrir au temps qui est devant tes yeux, comme les idoles, sans vie et sans intelligence, et cependant je ne cesse d’offrir tout au temps, et rien à toi ;et par là je me précipite d’avance dans l’horrible abîme de la confusion qui n’est occupée qu’au culte des idoles, et où ton nom n’est pas connu. J’ai fait comme les insensés et les ignorants du siècle qui emploient tous leurs efforts pour anéantir les redoutables arrêts de la justice, et faire en sorte que cette terre d’épreuve que nous habitons ne soit plus à leurs yeux une terre d’angoisse, de travail et de douleur. Dieu de paix, Dieu de vérité, si l’aveu de mes fautes ne suffit pas pour que tu me les remettes, souviens-toi de celui qui a bien voulu s’en charger et les laver dans le sang de son corps, de son esprit et de son amour ; il les dissipe et les efface, dès qu’il daigne en faire approcher sa parole. Comme le feu consume toutes les substances matérielles et impures, et comme ce feu qui est son image, il retourne vers toi avec son inaltérable pureté, sans conserver aucune empreinte des souillures de la terre. C’est en lui seul et par lui seul que peut se faire l’œuvre de ma purification et de ma renaissance ; c’est par lui que tu veux opérer notre guérison et notre salut, puisqu’en employant les yeux de son amour qui purifie tout, tu ne vois plus dans l’homme rien de difforme, tu n’y vois plus que cette étincelle divine qui te ressemble et que ta sainte ardeur attire perpétuellement à elle comme une propriété de ta divine source. Non, Seigneur, tu ne peux contempler que ce qui est vrai et pur comme toi ; le mal est inaccessible à ta vue suprême. Voilà pourquoi l’homme méchant est comme l’être dont tu ne te souviens plus, et que tes yeux ne sauraient fixer, puisqu’il n’a plus aucun rapport avec toi ; et voilà cependant cet abîme d’horreur où je n’ai pas craint de faire mon séjour. Il n’y a pas d’autre alternative pour l’homme : s’il n’est perpétuellement plongé dans l’abîme de ta miséricorde, c’est l’abîme du péché et de la misère qui l’inonde ; mais aussi, il n’a pas plutôt détourné son cœur et ses regards de cet abîme d’iniquité, qu’il retrouve cet océan de miséricorde dans lequel tu fais nager toutes tes créatures. C’est pourquoi je me prosternerai devant toi dans ma honte et dans le sentiment de mon opprobre ; le feu de ma douleur desséchera en moi l’abîme de mon iniquité, et alors il n’existera plus pour moi que le royaume éternel de ta miséricorde. »

(Louis-Claude de Saint Martin, Prière 4, in Œuvres posthumes)

17/01/2014

"Voyez-vous tous ces esprits purifiés s'élever dans les airs ?"


 

« Pourquoi te livres-tu aux impressions mixtes et inférieures ? Pourquoi descends-tu sur les degrés de l’abîme ? Et ils sont tranquilles dans ces ténèbres ! Et les transports d'une joie insensée viennent encore s'emparer d'eux ! Ces lieux de ténèbres sont pires que les mers agitées. Quand le vaisseau est descendu comme dans des gouffres, ne s'élève-t-il pas sur le sommet des flots ? Mais ici point d'alternative : les gouffres sont toujours ouverts, et dans ces gouffres toujours ouverts l'homme se sent toujours tomber et toujours descendre. Malheureux ! Ces demeures seraient-elles l'asile de ta pensée ? N'es-tu pas né pour l'élément supérieur ? Porte ta vue au dessus de ces abîmes. Contemple les régions élevées qui dominent sur ta tête ; saisis tous ces points d'appui qui sont semés dans l'immensité de l'intelligence et des véritables désirs de l'homme. Ce sont autant de branches que la sagesse te présente dans ton naufrage : portes-y la main ; ne lâche point prise que tu ne sois sorti du gouffre, et que tu ne respires un air pur. Qu'êtes-vous, éléments composés ? Vous n'êtes que l'éponge du péché. Quand ton corps est imbibé de toute ta souillure, il t'abandonne. Il rentre dans la terre, qui est la grande piscine ; et ton âme purgée, s'élève vers sa région originelle, avec tout l'agilité de sa nature. Qu'il sera beau, ce spectacle futur, où toutes les âmes qui n'auront pas succombé à l'épreuve, s'élèveront ainsi vers la région de la lumière ! Voyez-vous l'univers entier s'enfoncer dans le néant, et perdre à la fois toutes ses formes et toute son apparence ? Voyez-vous tous ces esprits purifiés s'élever dans les airs, comme la flamme d'un grand incendie, et ne montrer qu'une clarté éblouissante à la place de toutes ces matières qu'ils ont consumées, et qui ne sont plus ? »

(Louis-Claude de Saint-Martin, L’Homme de désir, § 203)

15/01/2014

"J'aime à porter mes pas dans l'asile des morts"



 

« J'aime à porter mes pas dans l'asile des morts.
Là, mourant au mensonge, il me faut moins d'efforts
Pour comprendre leur langue et saisir leur pensée,
Car les morts ne l'ont pas, cette idée insensée,
Que tout s'éteint dans l'homme. En eux, tout est vivant.
Pour eux, plus de silence. Auprès d'eux l'on entend
Les sanglots du pécheur ; les fureurs de l'impie;
Les cantiques du sage ; et la douce harmonie
De ceux dont l'amitié, le zèle et la vertu
N'ont formé qu'un seul cœur pendant qu'ils ont vécu.

Homme, c'est ici-bas qu'il a pris la naissance,
Ce néant où l'on veut condamner ton essence ;
Et c'est ta propre erreur qui lui sert de soutien.
Tu sais tout ! Tu peux tout ! Et tu peux n'être rien !....
N'être rien ! .... et saisir et juger la lumière ! ....
Laisse à l'homme égaré ces rêves de la terre :
Nous n'étions qu'assoupis dans nos corps ténébreux.
Quand le temps nous arrache à leurs débris fangeux,
L'heure qui nous réveille est une heure éternelle. »

Louis-Claude de Saint-Martin, Le cimetière d’Amboise (1801), extraits.

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Edition Chacornac, Paris, 1913 :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2046837.image.r=louis-claude+de+saint-martin.f1.langFR

"Ma couleur réelle a été la douleur et la tristesse"


« Que l'ombre que je suis s'évanouisse enfin dans le néant »

 

« J'ai été gai ; mais la gaieté n'a été qu'une nuance secondaire de mon caractère; ma couleur réelle a été la douleur et la tristesse, à cause de l'énormité du mal (Baruch 2,18) et de mon profond désir pour la renaissance de l'homme. Aussi je ne suis gai que comme en passant et parce que ne pouvant pas toujours traiter mes semblables comme des hommes faits, je me sens porté à ne les traiter que comme des enfants : ce qui fait que je m'ennuie quand les gaietés sont trop longues ou bien je deviens désagréable et dur par impatience, chose dont je me repens et qui est très opposée à ma manière d'être. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Mon portrait historique et philosophique, Œuvres posthumes, de Mr de Saint-Martin, Tours, Letourmy, 1807, in-8°, vol. 1, p. 1-139.)