Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/05/2015

"La mort n’est plus pour nous que l’entrée dans le temple de la gloire"

77074_167654236595974_3306327_n.jpg


« La mort ! est-ce qu’il y en a encore ? est-ce qu’elle n’a pas été détruite. Est-ce que le grand sacrificateur et le grand instituteur de la prière, n’a pas épuisé toutes les angoisses de cette mort par son supplice ? est-ce qu’il n’a pas souffert la mort de violence, afin que nous n’eussions plus que la mort de joie ? est-ce que, depuis qu’il a tout consommé, nous pouvons encore avoir quelque chose à souffrir ? Non, la mort n’est plus pour nous que l’entrée dans le temple de la gloire. Le combat a été livré, la victoire est remportée, nous n’avons plus à recevoir de la main de la mort que la palme du triomphe. La mort ! est-ce la mort corporelle que le sage compterait pour quelque chose ? Cette mort n’est qu’un acte du temps ; quel rapport cet acte du temps pourrait-il avoir avec l’homme de l’éternité ? aussi l’homme n’aurait pas l’idée de la mort, s’il n’avait pas le sentiment d’éternité avec lequel cette idée de mort fait contraste, et l’on peut tirer delà une autre conséquence, c’est que l’homme sage doit avoir la connaissance morale de sa mort particulière. Il doit la suivre dans tous ses détails : il doit se voir mourir, puisque son éternité personnelle doit voir tout ce qui se passe dans le temps pour lui. Mais, pour qu’il remplisse dignement cette importante tâche, il faut qu’il remplisse dignement tous les instants de l’importante tâche de sa vie, sans quoi il meurt dans les ténèbres, et sans le savoir, comme les hommes et les nations du torrent. Or, le seul mal que nous puissions éprouver de la part de la mort, c’est de mourir avant de naître ; car pour ceux qui naissent avant de mourir, la mort n’est plus qu’un vrai profit pour eux. »

Louis-Claude de Saint-Martin, Pensée sur la mort, in Œuvres posthumes, 1807.