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05/03/2018

« QUEL EST DONC LE TRISTE ETAT DE LA POSTÉRITÉ HUMAINE, OU L’HOMME DE DÉSIR LUI-MÊME EST RÉDUIT A PLEURER EN VAIN ...

... et à voir ses frères ou liés par de fortes chaînes dans de ténébreux cachots ou transportés dans les sépulcres de la mort et de la putréfaction ! Et cela sans qu'il lui soit possible d'agir pour leur délivrance, ni de rien opérer pour eux ! Il n'est que trop vrai, malheureux homme, que le temps, et la mort sont les rois de ce monde. » (Le Nouvel homme, § 50)

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Ecce Homo

 

« C’est au moment de sa naissance corporelle, qu’on voit commencer les peines qui l’attendent. C’est alors qu’il montre toutes les marques de la plus honteuse réprobation ; il naît comme un vil insecte dans la corruption ; il naît au milieu des souffrances et des cris de sa mère, comme si c’était pour elle un opprobre de lui donner le jour ; or quelle leçon n’est-ce pas pour lui, de voir que de toutes les mères, la femme est celle dont l’enfantement est le plus pénible et le plus dangereux ! Mais à peine commence-t-il lui-même à respirer, qu’il est couvert de larmes et tourmenté par les maux les plus aigus. Les premiers pas qu’il fait dans la vie annoncent donc qu’il n’y vient que pour souffrir, et qu’il est vraiment le fils du crime et de la douleur. Ô homme, verse des larmes amères sur l’énormité de ton crime, qui a si horriblement changé ta condition ; frémis sur le funeste arrêt qui condamne ta postérité à naître dans les tourments et dans l’humiliation, tandis qu’elle ne devait connaître que la gloire, et un bonheur inaltérable. »

(L.-C. de Saint-Martin, Des erreurs et de la vérité, 1782)


« La tristesse éternelle d'un ange sur la terre (...) »

 

« L’HOMME DE DÉSIR LUI-MÊME EST RÉDUIT A PLEURER EN VAIN »

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« Quel est donc le triste état de la postérité humaine, où l’homme de désir lui-même est réduit à pleurer en vain, et à voir ses frères ou liés par de fortes chaînes dans de ténébreux cachots ou transportés dans les sépulcres de la mort et de la putréfaction ! Et cela sans qu'il lui soit possible d'agir pour leur délivrance, ni de rien opérer pour eux ! Il n'est que trop vrai, malheureux homme, que le temps, et la mort sont les rois de ce monde. » 

(Louis-Claude de Saint-Martin, Le Nouvel homme, § 50)

 

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« LA RÉALITÉ APPARENTE EST DESTINÉE A LA DISPARITION, A LA FINITUDE ET AU NÉANT »

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« L’homme n’est, ne vit, et n’agit que dans la vanité et le néant »

 

 

« Deux ordres de réalité que tout oppose traversent l’homme, le déchirent, le partagent générant en lui des contradictions permanentes, des hésitations, des doutes, des repentirs, des effrois, et cela de son premier à son dernier souffle, car tout est en lutte, non seulement à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur de l’homme, la loi des contraires ne cessant d’exercer son pouvoir sur chaque aspect du réel ; rien n’y échappe, rien n’est en mesure de s’y soustraire puisque la matière, dont tout est composé, est vouée à ce qui apparaît, croît se dégrade et meurt. Immense et irréversible mouvement qui dicte et imprime inexorablement au monde créé sa détermination et ses obligations impératives, faisant que nous sommes, concrètement, placés dans un cadre où la dualité, c’est-à-dire, pour être clair, l’opposition radicale entre la région terrestre et la région céleste, se déploie de manière la plus rigoureuse et effective qui soit. C’est pourquoi, les discours visant à relativiser cette opposition, qu’ils relèvent des vues consolantes ou des rêveries pieuses n’ont, strictement, aucun sens, ils peuvent tranquilliser l’esprit un instant, mais sont contredits constamment, et finalement déçoivent, en ramenant la créature à la dure expérience du réel, à la réalité dite, pour de justes raisons, « apparente », car ne possédant aucune consistance ontologique, une réalité matérielle destinée à la disparition, à la finitude et au néant ; un monde matériel provenant du néant, appelé à y retourner pour s’y dissoudre et disparaître à tout jamais, nous mettant en présence d’une réalité factice et illusoire – c’est-à-dire « apparente » -, identique au non-être ou au « rien » (nihil), dans la mesure où elle ne possède pas, en elle-même, son origine et sa substance, n’ayant ni la capacité de se soustraire à son anéantissement, ni les moyens de percer à jour la cause première placée à la source de la manifestation.

Saint-Martin ne s’y trompe pas, et n’abuse pas du vocabulaire lorsqu’il parle de « la masse du néant dans lequel est absorbé tout [notre] être » (Le Nouvel homme, § 1), ou lorsque soutenant que « L’homme n’est, ne vit, et n’agit que dans la vanité et le néant » (Ibid., § 23), car nous nous trouvons, objectivement, en présence d’une différence foncière entre deux règnes antagonistes, un règne fondé sur la lumière éternelle de la Vérité, un autre dominé par la nuit mortifère du néant, un règne qui possède sa vie hors de ce monde infecté par la matière, un autre qui est né de la corruption et ne se complaît que dans l’obscurité ténébreuse, une loi spirituelle d’un côté, une loi charnelle de l’autre séparant, entre ancien et nouveau, deux principes irréductibles : « Le sens de cette réponse peut en effet annoncer la différence du règne de la matière, et du règne de l’esprit, parce que le règne de la matière ne va jamais qu’en dégénérant, puisque son principe, ses moyens, son terme, tout est borné en elle, et finit par le néant ; au lieu que le règne de l’esprit ne peut aller qu’en s’accroissant continuellement, et promet toujours à l’homme de nouvelles jouissances ; or cette différence était clairement indiquée, puisque c’est le Réparateur lui-même qui avait agi directement, et spirituellement sur l’eau dont il avait fait remplir les urnes. En outre, le sens de l’observation du maître d’hôtel annonçait avec encore plus de clarté le caractère, et le terme de la loi ancienne, et l’esprit de la loi nouvelle que l’amour divin venait apporter sur la terre. » (Le Nouvel homme, § 35). »

 

Jean-Marc Vivenza, Le mystère de l’Église intérieure, ou la « naissance » de Dieu dans l’âme. Le cœur métaphysique et ontologique de la doctrine saint-martiniste,  Editions la Pierre philosophale, mars 2016, pp. 49-50

 

 

« J'AIME A PORTER MES PAS DANS L'ASILE DES MORTS »

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« J'aime à porter mes pas dans l'asile des morts. 
Là, mourant au mensonge, il me faut moins d'efforts 
Pour comprendre leur langue et saisir leur pensée, 
Car les morts ne l'ont pas, cette idée insensée, 
Que tout s'éteint dans l'homme. En eux, tout est vivant. 
Pour eux, plus de silence. Auprès d'eux l'on entend 
Les sanglots du pécheur ; les fureurs de l'impie; 
Les cantiques du sage ; et la douce harmonie 
De ceux dont l'amitié, le zèle et la vertu 
N'ont formé qu'un seul cœur pendant qu'ils ont vécu.

Homme, c'est ici-bas qu'il a pris la naissance, 
Ce néant où l'on veut condamner ton essence ; 
Et c'est ta propre erreur qui lui sert de soutien. 
Tu sais tout ! Tu peux tout ! Et tu peux n'être rien !.... 
N'être rien ! .... et saisir et juger la lumière ! .... 
Laisse à l'homme égaré ces rêves de la terre : 
Nous n'étions qu'assoupis dans nos corps ténébreux. 
Quand le temps nous arrache à leurs débris fangeux, 
L'heure qui nous réveille est une heure éternelle. »

 

Louis-Claude de Saint-Martin, Le cimetière d’Amboise  (1801) - Extraits

 

"La Société toute entière des Indépendants avait aussi les yeux ouverts sur les grands événements qui se passaient"

« La Société toute entière des Indépendants avait aussi les yeux ouverts sur les grands événements qui se passaient ; chacun des membres de cette société éclatait dans les transports de joie, de voir s’accélérer le règne d’une juste puissance, et le triomphe de la Vérité. Il y eu parmi eux de saints cantiques chantés d’avance, et de nouvelles annonces prophétiques sur les succès encore plus considérables qui devaient suivre et annoncer la bonne cause. »

(L.- C. de Saint-Martin, Le Crocodile, Chant 62.)

 

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Leçon de Lyon n°86 (5 janvier 1776)




Jean de Sainte-Colombe (1640-1700), Le tombeau des regrets, "Les pleurs"

« L’homme doit se souvenir que son corps et tout ce qui est matière disparaîtra un jour et s’évanouira comme une fumée dans l’air, pendant que son être spirituel mineur continuera d’exister éternellement…. »

 

« NE CACHONS PLUS CET HOMME DE MENSONGE DANS SES PROPRES DÉCOMBRES ET DANS SES IMMONDICES »

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« Montrez-les nous se nourrissant du pain des larmes, gardant les uns auprès des autres le silence morne de la douleur et ne le rompant par intervalle que pour faire entendre les sons entrecoupés de la pénitence et pour que l’homme dise à l’homme : mon frère, c’est sur l’homme de mensonge que nous avons fondé le règne de la mort qui nous enveloppe de ses ténèbres. Ne cachons plus cet homme de mensonge dans ses propres décombres et dans ses immondices, efforçons-le de le faire paraître à découvert, afin que l’air vif le corrode jusque dans ses racines (...) 

 

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(...) et que le règne de la mort, se trouvant ébranlé par là dans ses fondements, puisse s’écrouler et se perdre pour nous au fond de ses abîmes. »

 

(Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce Homo, § 3)

 

« (...) COMMENT POURRIONS-NOUS CESSER DE NOURRIR EN NOUS L'ESPRIT DE DOULEUR ? »

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« Quand on pense que nous sommes tous composés de ces mêmes éléments. »

 

« Comment pourrions-nous cesser de nourrir en nous l'esprit de douleur, ou plutôt la douleur de l'esprit quand nous considérons la voie temporelle est spirituelle de l'homme sur la terre ? L'homme est conçu non seulement dans le péché, comme le disait David de lui-même, mais il est encore conçu par le péché, vu les ténébreuses iniquités de ceux qui l'engendrent. Ces ténébreuses iniquités vont influer sur lui corporellement, et spirituellement jusqu'à sa naissance. Il naît ; il va recevoir intérieurement le lait taché de ces mêmes iniquités, et extérieurement mille traitements maladroits qui vont déformer son corps avant même qu'il soit formé ; des conceptions dépravées, des langues fausses et corrompues vont assaillir toutes ses facultés, et les épier au passage pour les infecter dès qu'il les manifestera par le moindre de ses organesAinsi vicié dans son corps et dans son esprit avant même d'en avoir l'usage, il va entrer sous la fausse administration de ceux et celles qui l'environnent dans son premier âgequi sèmeront en abondance des germes empoisonnés dans cette terre déjà empoisonnée elle-même, et s'applaudiront de lui voir produire des fruits analogues à cette atmosphère désordonnées qui est devenue leur élément naturel. (…) Quand on pense que nous sommes tous composés de ces mêmes éléments, dirigés par ces mêmes lois, alimentés par ces mêmes désordres, et ces mêmes erreurs, que nous sommes tous immolés par ces mêmes tyrans, et que nous immolons nos semblables à notre tour par ces mêmes armes empoisonnées ; quand enfin on pense que telle est l'atmosphère qui nous enveloppe et nous pénètre, on craint de respirer, on craint de se regarder, on craint de se remuer, et de se sentir. »

 

(Louis-Claude de Saint-Martin, Le Nouvel homme, § 9.)


 

 

« IL FAUDRA QUE LA CHAIR ET LE SANG DISPARAISSENT »

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« Le royaume de Dieu ne peut habiter avec la chair et le sang, par conséquent il faudra que la chair et le sang disparaissent,pour que les prophéties parviennent à leur accomplissement.»

(Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce Homo, § 6)

 

"MA COULEUR RÉELLE A ÉTÉ LA DOULEUR ET LA TRISTESSE"

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« J'ai été gai ; mais la gaieté n'a été qu'une nuance secondaire de mon caractère; ma couleur réelle a été la douleur et la tristesse, à cause de l'énormité du mal (Baruch 2,18) et de mon profond désir pour la renaissance de l'homme. Aussi je ne suis gai que comme en passant et parce que ne pouvant pas toujours traiter mes semblables comme des hommes faits, je me sens porté à ne les traiter que comme des enfants : ce qui fait que je m'ennuie quand les gaietés sont trop longues ou bien je deviens désagréable et dur par impatience, chose dont je me repens et qui est très opposée à ma manière d'être. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Mon portrait historique et philosophique, Œuvres posthumes, de Mr de Saint-Martin, Tours, Letourmy, 1807, in-8°, vol. 1, p. 1-139)

 


« Que l'ombre que je suis s'évanouisse enfin dans le néant »

 

02/03/2018

« ET VOILA CEPENDANT CET ABÎME D’HORREUR OU JE N’AI PAS CRAINT DE FAIRE MON SÉJOUR »

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« Seigneur, comment oserais-je me regarder un instant sans frissonner d’horreur sur ma misère ! J’habite au milieu de mes propres iniquités qui sont les fruits de mes abus dans tous les genres, et qui sont devenus comme mon vêtement ; j’ai abusé de toutes mes lois, j’ai abusé de mon âme, j’ai abusé de mon esprit, j’ai abusé et j’abuse journellement de toutes les grâces que ton amour ne cesse journellement de répandre sur ton ingrate et infidèle créature. C’est à toi que je devais tout offrir et tout sacrifier, et je ne devais rien offrir au temps qui est devant tes yeux, comme les idoles, sans vie et sans intelligence, et cependant je ne cesse d’offrir tout au temps, et rien à toi ;et par là je me précipite d’avance dans l’horrible abîme de la confusion qui n’est occupée qu’au culte des idoles, et où ton nom n’est pas connu. J’ai fait comme les insensés et les ignorants du siècle qui emploient tous leurs efforts pour anéantir les redoutables arrêts de la justice, et faire en sorte que cette terre d’épreuve que nous habitons ne soit plus à leurs yeux une terre d’angoisse, de travail et de douleur. Dieu de paix, Dieu de vérité, si l’aveu de mes fautes ne suffit pas pour que tu me les remettes, souviens-toi de celui qui a bien voulu s’en charger et les laver dans le sang de son corps, de son esprit et de son amour ; il les dissipe et les efface, dès qu’il daigne en faire approcher sa parole. Comme le feu consume toutes les substances matérielles et impures, et comme ce feu qui est son image, il retourne vers toi avec son inaltérable pureté, sans conserver aucune empreinte des souillures de la terre. C’est en lui seul et par lui seul que peut se faire l’œuvre de ma purification et de ma renaissance ; c’est par lui que tu veux opérer notre guérison et notre salut, puisqu’en employant les yeux de son amour qui purifie tout, tu ne vois plus dans l’homme rien de difforme, tu n’y vois plus que cette étincelle divine qui te ressemble et que ta sainte ardeur attire perpétuellement à elle comme une propriété de ta divine source. Non, Seigneur, tu ne peux contempler que ce qui est vrai et pur comme toi ; le mal est inaccessible à ta vue suprême. Voilà pourquoi l’homme méchant est comme l’être dont tu ne te souviens plus, et que tes yeux ne sauraient fixer, puisqu’il n’a plus aucun rapport avec toi ; et voilà cependant cet abîme d’horreur où je n’ai pas craint de faire mon séjour. Il n’y a pas d’autre alternative pour l’homme : s’il n’est perpétuellement plongé dans l’abîme de ta miséricorde, c’est l’abîme du péché et de la misère qui l’inonde ; mais aussi, il n’a pas plutôt détourné son cœur et ses regards de cet abîme d’iniquité, qu’il retrouve cet océan de miséricorde dans lequel tu fais nager toutes tes créatures. C’est pourquoi je me prosternerai devant toi dans ma honte et dans le sentiment de mon opprobre ; le feu de ma douleur desséchera en moi l’abîme de mon iniquité, et alors il n’existera plus pour moi que le royaume éternel de ta miséricorde. »

 

(Louis-Claude de Saint Martin, Prière 4, in Œuvres posthumes)