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05/03/2025

« DANS CETTE POSTURE JE ME NOURRIRAI DE CENDRE ET DE POUSSIÈRE, POUR QUE TOUS LES PRINCIPES DE MA VIE SOIENT RÉGÉNÉRÉS. »

Mercredi des cendres

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« J’attendrai là, dans le deuil et dans la pénitence, que le Seigneur me touche de son sceptre … »

 

« La terre s’ouvre sans cesse pour dévorer les péchés des hommes ; elle attend que leurs iniquités descendent dans son sein pour s’y laver et s’y purifier. Cachons-nous promptement sur la terre, enfonçons-nous dans ses abîmes. Dérobons-nous à la splendeur de la lumière ; notre œil n’est plus digne de la contempler. Je m’unirai à toi, je m’y attacherai comme le lierre rampant. Dans cette posture je me nourrirai de cendre et de poussière, pour que tous les principes de ma vie soient régénérés.

J’attendrai là, dans le deuil et dans la pénitence, que le Seigneur me touche de son sceptre, et qu’il me dise, comme il fut dit à Esther : vous avez trouvé grâce devant moi. Le premier coupable n’a-t-il pas passé par toutes les filières de la terre ? Et ne faut-il pas que toute sa postérité y passe à son tour ? Venez, amis qui voulez m’aider dans mon œuvre ; secondez-moi dans mon sacrifice, et ne me quittez point qu’il ne soit accompli. Vos paroles vivifiantes me soutiendront, et me donneront le courage de voir avec résignation, tomber sur ma tête le glaive de la justice. Elles me rempliront d’espérance, et me montreront d’avance le temps des consolations. En ce temps-là on ne dira plus : au nom du Seigneur, parce que nous serons tous en sa présence, et que nous jouirons de l’intime communication de son esprit. En ce temps-là on en dira plus : au nom du Seigneur, par ce que le temps de l’œuvre sera passé, et que nous toucherons à la source même d’où ce nom sacré a voulu naître, pour servir d’aliment à la postérité de l’homme. »

(L.-C. de Saint-Martin, chant 173 de L’Homme de désir)

 

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« Que le feu de cet esprit consume en moi jusqu’aux moindres traces du vieil homme, et qu’après l’avoir consumé, il fasse naître de cet amas de cendres, un nouvel homme sur qui ta amain sacrée ne dédaigne plus de verser l’onction sainte. Que ce soit là le terme des longs travaux de la pénitence […]. »

(L.-C. de Saint-Martin, Prière n°1)

 


 

07/02/2025

« CETTE MORT N’EST QU’UN ACTE DU TEMPS ; QUEL RAPPORT CET ACTE DU TEMPS POURRAIT-IL AVOIR AVEC L’HOMME DE L’ÉTERNITÉ ? »

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« La mort n’est plus pour nous que l’entrée dans le temple de la gloire »

 

« La mort ! est-ce qu’il y en a encore ? est-ce qu’elle n’a pas été détruite. Est-ce que le grand sacrificateur et le grand instituteur de la prière, n’a pas épuisé toutes les angoisses de cette mort par son supplice ? est-ce qu’il n’a pas souffert la mort de violence, afin que nous n’eussions plus que la mort de joie ? est-ce que, depuis qu’il a tout consommé, nous pouvons encore avoir quelque chose à souffrir ? Non, la mort n’est plus pour nous que l’entrée dans le temple de la gloire. Le combat a été livré, la victoire est remportée, nous n’avons plus à recevoir de la main de la mort que la palme du triomphe. La mort ! est-ce la mort corporelle que le sage compterait pour quelque chose ? Cette mort n’est qu’un acte du temps ; quel rapport cet acte du temps pourrait-il avoir avec l’homme de l’éternité ? aussi l’homme n’aurait pas l’idée de la mort, s’il n’avait pas le sentiment d’éternité avec lequel cette idée de mort fait contraste, et l’on peut tirer delà une autre conséquence, c’est que l’homme sage doit avoir la connaissance morale de sa mort particulière. Il doit la suivre dans tous ses détails : il doit se voir mourir, puisque son éternité personnelle doit voir tout ce qui se passe dans le temps pour lui. Mais, pour qu’il remplisse dignement tous les instants de l’importante tâche de sa vie, il faut qu’il remplisse dignement tous les instants de l’importante tâche de sa vie, sans quoi il meurt dans les ténèbres, et sans le savoir, comme les hommes et les nations du torrent. Or, le seul mal que nous puissions éprouver de la part de la mort, c’est de mourir avant de naître ; car pour ceux qui naissent avant de mourir, la mort n’est plus qu’un vrai profit pour eux. »

(L.- C. de Saint-Martin, Pensée sur la mort, in Œuvres posthumes, 1807)

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« Est-ce que le grand sacrificateur et le grand instituteur de la prière, n’a pas épuisé toutes les angoisses de cette mort par son supplice ? »

 

31/01/2025

« VOUS IGNOREZ COMMENT LE MAL S'EST OPÉRÉ, ET DÈS-LORS VOUS EN VOULEZ NIER L'EXISTENCE. »

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« Composez donc aussi un concert de joie

avec des larmes et des soupirs … »

 

« Ils ont dit qu'il n'y avait point de mal sur la terre, et que ce qui paraissait un désordre en particulier, produisait l'ordre universel. Qu'est-ce que c'est donc qu'un ordre universel, composé de désordres particuliers ? Qu'est-ce que c'est qu'un bien total formé par l'assemblage de maux partiels ? Qu'est-ce que c'est que le bien-être de l'espèce, composé des malheurs des individus ? Composez donc aussi un concert de joie avec des larmes et des soupirs. Faites régénérer toutes les espèces et produire la vie par des cadavres ; et si vous voulez trouver beau l'univers, attendez que la main du temps l'ait ébranlé jusque dans ses fondements, et l'ait converti en une masse de ruines. Ils aiment mieux mentir à leur jugement et fausser leur raison, que d'en lire en eux la grandeur, et autour d'eux les tristes abus qu'ils en ont faits ! En vain vous vous défendez contre le frein, vous ignorez comment le mal s'est opéré, et dès-lors vous en voulez nier l'existence. Votre jugement vous est moins cher que vos ténèbres. Vous voulez qu'il adopte ce qui lui est si répugnant ; et vous voulez qu'il rejette ce qui seulement est voilé pour lui. Ne voyez-vous pas où vous conduit la légèreté de vos paroles ? On ne prendra pas même vos opinions pour des songes. Car pour rêver, il faut avoir été éveillé auparavant : et vous êtes encore endormis pour la première fois ; vous êtes encore dans le sein de votre mère. Est-ce en passant à côté des obstacles ? Est-ce en les niant qu'on les renverse ?

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« Oui, le mal existe dans vous, autour de vous, dans tout l'univers … »

 

Ils resteront sur pied et déposeront contre vous. Oui, le mal existe dans vous, autour de vous, dans tout l'univers, et comme vous n'êtes censés occupés ici qu'à être aux prises avec lui, c'est assez vous indiquer qui l'a créé. Agrandissez-vous, élevez-vous jusqu'à l'idée sublime de votre pouvoir et de votre liberté. Sentez que, pour qu'un être soit condamné à être aux prises avec l'univers entier, il faut qu'il ait été assez grand pour troubler l'univers. »

(L.- C. de Saint-Martin, L’Homme de désir, chant 77)


« Votre jugement vous est moins cher que vos ténèbres. »

 

24/01/2025

« C'EST AVEC LA MORT QUE VOUS COMPOSEZ LA VIE ; VOUS PRENEZ TOUTE VOTRE PHYSIQUE DANS LES CIMETIÈRES »

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« Doctes ignorants … de quoi vos cabinets de science sont-ils remplis ? De squelettes et de cadavres ... »

 

« Que faites-vous, doctes ignorants, quand vous nous peignez les lois de la formation du monde ? C'est avec la mort que vous composez la vie ; vous prenez toute votre physique dans les cimetières. De quoi vos cabinets de science sont-ils remplis ? De squelettes et de cadavres, dont vous avez soin de bien conserver la forme et les couleurs, mais dont le principe et la vie sont séparés. Votre pensée ne vous dit-elle pas, qu'il y a une physique meilleure que celle-là ; et que c'est celle où on ne s'occupe que des principes, et d'où les corps morts sont éloignés ? Mais non, vous avez porté ce coup d'œil mort et destructeur, sur tous les objets de vos spéculations. Vous l'avez porté sur la base du rectangle isocèle que vous avez cherché à connaitre, parce que vous avez trouvé des rapports matériels entre ses résultats et les résultats de ses côtés ; tandis que le nombre et le vrai rapport de cette base ne nous seront jamais confiés, attendu que si nous les connaissions, nous pourrions créer des esprits. Ne vous suffit-il pas de calculer la base à deux centres qui a osé tenter de l'imiter, et qui ouvre à la fois une source inépuisable à vos larmes, à votre intelligence et à votre admiration ?  (…) »

 

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« (…) Matière, matière, quel funeste voile tu as répandu sur la vérité ! »

 

« (…) Écroulez-vous, échafaudages des sciences abusives ; réduisez-vous en poussière : vous ne pouvez tenir contre le moindre principe lumineux. »

(L.- C. de Saint-Martin, L’Homme de désir, chant 7)


 

15/10/2021

« LES JUSTES OBTIENDRONT LEUR ENTIÈRE DÉLIVRANCE DES RÉGIONS DE L’APPARENCE ET DE LA VANITÉ »

 « Toutes les tribulations antérieures à ces épouvantables désordres de la fin des temps ne sont que le commencement des douleurs

(Matthieu, 24). …

 

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N.-A. Monsiau, Dévouement de Monseigneur de Belsunce pendant la peste de 1720 à Marseille, 1808. Huile sur toile, musée du Louvre, Paris.

 

… Aussi elles ne produiront point la destruction du monde visible. Elles seront même une sorte de tentative de l’amour divin envers les hommes pour les engager à la pénitence, par les fléaux qui leur seront envoyés. Ces fléaux seront suspendus ensuite pendant un temps qu’on appelle mille ans, non seulement pour que les hommes puissent travailler sur cette Terre à rentrer dans les voies de la justice, mais aussi en répétition de ce qui s’est passé dans l’histoire universelle de l’homme et de ce qui se passe dans l’ordre de la vie physique. »


Fureral Mantra, « Mors Venit Velociter Quer Neminem Veretur » -

 

« […] Quant à l’ordre physique, ne voit-on pas souvent que les douleurs et les souffrances des malades se suspendent  quelques moments avant la mort, soit par l’épuisement de l’action du mal, soit pour donner à l’âme le moyen de se reconnaître et de s’assurer son sort par la pénitence et un sacrifice libre et volontaire. Il est probable même que dans ce moment de suspension des douleurs du mourant, il se fait visiblement au-dessus de lui un petit règne de mille ans, une sorte de jugement ou de confrontation entre son livre de vie et son livre de mort, lequel jugement peut se regarder par anticipation comme la première mort particulière , en image de cette première mort générale qui sera prononcée en grand lors du véritable règne de mille ans. Et si l’homme particulier échappe à cette première mort préparatoire, il est probable que la seconde mort partielle qui est la première mort de l’apocalypse n’aura point de prise sur lui. »

 

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« Les véritables douleurs sont donc celles qui auront lieu lorsque l’ennemi sera délié …

 

… et qu’il viendra ravager la Terre jusqu’à ce qu’elle soir détruite, comme nous voyons que dans l’homme physique les angoisses de la mort le saisissent et le détruisent après que l’intervalle de la suspension momentanée a été remplie et ces douleurs-là, au lieu de conduire les hommes coupables au renouvellement d’eux-mêmes et au règne de la paix, les conduiront sous le glaive du jugement final, qui ne peut avoir lieu qu’après la complète abolition des choses visibles et matérielles ; de même ce n’est qu’après cette complète abolition des choses visibles et matérielles, que les justes obtiendront leur entière délivrance des régions de l’apparence et de la vanité, en imitation du peuple juif, qui sortit d’Égypte au soleil couchant (Deutéronome 15, 6). »

Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce homo, VII.

 

Lien :

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« Le chemin initiatique dans le monde de la réalité apparente »

& « La purification de la conscience spirituelle »

Chapitre Extraordinaire d’Assemblée Générale annuelle de la « Société des indépendants » (23 octobre 2021)

 

01/01/2021

« TU N’ES PAS ENCORE ASSEZ AVANCÉ POUR VERSER DES LARMES SUR TA MISÈRE … »

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« Toutes les influences que nous répandons autour de nous, sont-elles autre chose que des influences cadavéreuses ? Et y a-t-il sur la Terre un seul homme qui ne soit dans le cas d’offrir un ou plusieurs signes de cette importante réprobation ? Ô homme ! Si tu n’es pas encore assez avancé pour verser des larmes sur ta misère, au moins ne t’abuse pas jusqu’à la regarder comme un état de bonheur et de santé. Ne te laisse pas prendre à ces fascinations qui te séduisent.

Ne fais pas comme un enfant malade qui cesse de crier au bruit d’un hochet agité devant ses yeux et qui même alors offre un visage riant et tranquille (…) »

 

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« (…) comme si le mal qui le ronge n’était plus à redouter pour lui,

quand la vue de ce hochet a suspendu pour un temps ses douleurs. »

 

« Pour peu que tu fermes un instant les yeux sur ces illusions qui te distraient, le mal ne tardera pas à se faire sentir et, effrayé du danger qui te menace, tu reconnaîtras avec quel juste fondement la sagesse cherche à t’avertir de tes infirmités et à t’embraser du zèle de ta guérison. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce homo, § 3.)


« †  (…) comme suis, tel tu seras † »

 

26/02/2020

« C’EST MOINS SUR LES MORTS QUE SUR LES VIVANTS QU’IL FAUDRAIT NOUS AFFLIGER … »

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… et en effet comment le sage s’affligerait-il sur les morts, tandis que sa journalière et continuelle affliction est d’être en vie, ou dans ce bas monde ? »

(L.C. de Saint-Martin, Portrait, § 826)


« Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris. »

(Genèse, III, 19)

 

17/10/2019

« LA VIE SPIRITUELLE QUI DESCEND EN NOUS EST DÉJÀ SI FAIBLE, EN RAISON DE CE CORPS MORTEL OU NOUS SOMMES ENFERMÉS ! ... »

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«  (…) Elle s’en retire si vite, après avoir allumé en nous

le flambeau de notre pensée. »

 

« Malheur à ceux qui auront laissé semer en eux le germe de la froideur, et de l’inaction ; il ne pourra pas manquer de produire un jour des fruits amers, et couverts de ronces, dont tous leurs membres seront transpercés, il ne pourra pas manquer de livrer tout leur être à des maladies inguérissables. Malheur à ceux qui ne saisiront pas, avec une ardente vigilance, ces éclairs passagers qui nous sont envoyés de temps en temps dans nos ténèbres ! La vie spirituelle qui descend en nous est déjà si faible, en raison de ce corps mortel où nous sommes enfermés ! Elle y vient si rarement ! Elle s’en retire si vite, après avoir allumé en nous le flambeau de notre pensée, que sans la plus active attention, nous devons craindre que le flambeau s’éteigne, avant qu’elle revienne, si nous n’avons pas soin de le nourrir et de l’entretenir ! »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Le Nouvel Homme, § 58.)


« (...) nous devons craindre que le flambeau s’éteigne. »

 

16/10/2019

« NOUS N’AVONS L’INTENTION DE PARLER QU’A CEUX QUI NE NIENT PAS L’EXISTENCE DE CETTE DÉGRADATION (…) et qui sont encore moins mal à l’aise avec une vérité difficile et obscure, qu’ils ne le seraient avec une évidente absurdité. »

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« Ne retraçons point ici toutes les démonstrations déjà données de la dégradation humaine ; il faut être désorganisé pour nier cette dégradation, qui est plus qu’évidemment constatée par un seul des soupirs dont le genre humain remplit continuellement notre terre et par cette idée radicale que l’auteur des êtres place toujours toutes ses productions dans leur élément naturel. Car, pourquoi nous trouvons-nous si loin du nôtre ? Pourquoi, étant actifs par notre nature, sommes-nous comme submergés  et enchaînés par les choses passives ? Les hommes ont le droit de chercher partout où ils voudront les causes de cette affligeante et trop réelle désharmonie, excepté dans le caprice et la cruauté de notre souverain principe, dont l’amour, la sagesse et la justice doivent être à jamais un éternel rempart contre nos murmures. »

(L.-C. de Saint-Martin, Ecce Homo, § 2)

 

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 «  Nous ne pouvons plus être que les témoins

de l’opprobre et du mensonge. »

(Ecce Homo, § 3)

 


 

 

15/10/2019

« (…) DANS CE MOMENT DE SUSPENSION DES DOULEURS DU MOURANT … »

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« (…) une sorte de tentative de l’amour divin envers les hommes pour les engager à la pénitence, par les fléaux qui leur seront envoyés. »

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«  Quant à l'ordre physique, ne voit-on pas souvent que les douleurs et les souffrances des malades se suspendent quelques moments avant la mort, soit par l'épuisement de l'action du mal, soit pour donner à l'âme le moyen de se reconnaître et de s'assurer son sort par la pénitence et un sacrifice libre et volontaire. Il est probable même que dans ce moment de suspension des douleurs du mourant, il se fait visiblement au-dessus de lui un petit règne de mille ans, une sorte de jugement ou de confrontation entre son livre de vie et son livre de mort, lequel jugement peut se regarder par anticipation comme la première mort particulière, en image de cette première mort générale qui sera prononcée en grand lors du véritable règne de mille ans. Et si l'homme particulier échappe à cette première mort préparatoire, il est probable que la seconde mort partielle qui est la première mort de l'apocalypse n'aura point de prise sur lui. » 

(Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce homo, § 7.)


 

 

14/10/2019

« NOUS SOMMES COMME AUTANT D’ÊTRES MUTILÉS DANS TOUS NOS MEMBRES, et qui néanmoins prétendons encore à la beauté et à passer pour réguliers, en masquant nos difformités par toutes sortes de membres artificiels (…) »

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« (…) n’importe de quelle vile et fragile substance ces membres artificiels sont composés. »

 

« Les suites de notre dégradation seraient mille fois plus douces encore qu’elles ne sont rigoureuses, si nous reconnaissions la suprême équité de celui qui nous a jugés, si nous pensions combien les vues qu’il a sur nous pourraient nous être profitables et si nous nous résignions volontairement à l’inévitable puissance de ses décrets.

Les principaux avantages que nous en retirerions seraient l’exemple mutuel que nous nous donnerions les uns aux autres ; car l’état infirme, languissant et ténébreux de nos semblables serait pour nous uns instruction visible, qui nous rappellerait continuellement la dégradation de la famille de l’homme ; et de notre côté offrant à leurs yeux le même spectacle, nous leur rendrions le même service, en leur donnant la même instruction. »

 

(Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce homo, § 3.)

 

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«  (…) l’état infirme, languissant et ténébreux de nos semblables … »


«  […] Nous sommes en vie, et sommes parmi vous. »

 

« MONTREZ-NOUS LES SE NOURRISSANT DU PAIN DES LARMES, GARDANT LES UNS AUPRÈS DES AUTRES LE SILENCE MORNE DE LA DOULEUR »

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« Habiles écrivains, remplissez-vous ici d'une sainte éloquence pour nous peindre avec des couleurs persuasives et encourageantes le tableau instructif de la famille humaine, où tous les individus seraient l'un pour l'autre comme autant de leçons vivantes et où la vue de leur commune détresse les remplirait à la fois d'une salutaire horreur d'eux-mêmes et d'un tendre intérêt pour la réhabilitation de tous les membres de cette grande famille. Montrez-nous les se nourrissant du pain des larmes, gardant les uns auprès des autres le silence morne de la douleur et ne le rompant par intervalle que pour faire entendre les sons entrecoupés de la pénitence et pour que l'homme dise à l'homme : mon frère, c'est sur l'homme de mensonge que nous avons fondé le règne de la mort qui nous enveloppe de ses ténèbres. »

« Ne cachons plus cet homme de mensonge dans ses propres décombres et dans ses immondices, efforçons-nous de le faire paraître à découvert, afin que l'air vif le corrode jusque dans ses racines et que le règne de la mort, se trouvant ébranlé par-là dans ses fondements, puisse s'écrouler et se perdre pour nous au fond de ses abîmes. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Ecce homo, § 3)

 

 

 

14/10/2018

« VOUS ÊTES DEVENUES L'INDISPENSABLE ALIMENT DE NOS TÉNÈBRES ET DE NOTRE INFIRMITÉ »

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« Car telle est cette pénitence qui seule

peut faire ressusciter l'esprit en nous. »

 

« Amertume corporelle, amertume spirituelle, amertume divine, venez vous établir dans notre être, puisque vous êtes devenues l'indispensable aliment de nos ténèbres et de notre infirmité. Que l'amertume spirituelle du calice se joigne à notre amertume spirituelle particulière, et forme ainsi ce médicament actif et salutaire qui doit ronger toutes nos fausses substances pour laisser revivre nos véritables substances amorties ! Malheur à qui voudra repousser de lui ce médicament régénérateur ! Il ne fera qu'accroître ses maux, et les rendre peut-être un jour inguérissables. Car telle est cette pénitence qui seule peut faire ressusciter l'esprit en nous, comme l'esprit peut seul y faire ressusciter la parole, et la parole y faire ressusciter la vie divine, attendu qu'aujourd'hui rien ne peut plus s'opérer que par des concentrations, puisque tel a été le principe de l'origine des choses, tant physiques que spirituelles ;  telle est, dis-je, cette pénitence qui donne à l'homme la puissante tranquillité de la confiance, et la terrible force de la douceur, choses si inconnues aux hommes du torrent qui n'ont que le courage du désespoir, et que la force de la colère. C'est là cette pénitence par laquelle le pasteur daigne venir se revêtir de nous qui sommes des loups, afin de sauver de nos dents la malheureuse brebis que nous dévorons ; tandis qu'avec la pénitence humaine et extérieure c'est le loup même qui se revêt de la peau du berger afin de dévorer à la fois, et la brebis et le pasteur en les séparant l'un de l'autre. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Le Nouvel homme, § 6)

 

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« C'est là cette pénitence qui efface en nous non seulement les taches du péché, mais jusqu'au souvenir et à la connaissance du péché. »

 
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« CES INSECTES, ET REPTILES VENIMEUX DONT TES INIQUES SÉDUCTIONS ONT FAIT REVÊTIR CORPORELLEMENT LA MALHEUREUSE POSTÉRITÉ DE L'HOMME »

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« Disons à notre ennemi : c'est le Dieu souffrant qui veut lui­-même élever en moi son édifice ; c'est le Dieu souffrant qui veut le soutenir lui‑même, tu ne pourras jamais le renverser. Plus le Dieu souffrant s'approchera de moi, plus je serai en sûreté contre tes attaques, parce qu'il prendra lui‑même sur lui le fardeau que je ne pourrais pas porter ; quoique je sois suspendu au‑dessus de l'abîme comme par un fil, quoique j'habite au milieu des lions voraces et des serpents sifflants et meurtriers, il est près de moi ce Dieu souffrant, il est conçu en moi ce Dieu souffrant, et d'un seul de ses mouvements, quelque faible qu'il soit, il me séparera lui‑même de tous ces insectes, et reptiles venimeux dont tes iniques séductions ont fait revêtir corporel­lement la malheureuse postérité de l'homme. Ce Dieu souffrant ne cherche qu'à faire entrer en moi sa chair, son sang, son esprit, sa parole, pour y introduire enfin le nom puissant qui a tout créé, et qui veut aussi créer tout dans moi ; il veut me faire planer avec lui dans la région de la vie, afin que je sois dans l'impossibilité de retomber dans les précipices et dans les régions de la mort.

(Louis-Claude de Saint-Martin, Le Nouvel homme, § 6)

 

 

« Nous savons que si notre maison d'argile vient à se dissoudre nous possédons une demeure divine dans les cieux » (II Cor. V, 1)

 

 

« IL NOUS APPELLE PAR NOTRE NOM POUR NOUS FAIRE SORTIR DE NOTRE TOMBEAU »

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« Ce n'est donc point un simple effet mystique, ni une simple opération métaphysique qui se passe en nous lorsque le verbe Divin nous régénère, et qu'il nous appelle par notre nom pour nous faire sortir de notre tombeau, c'est une œuvre vive, et dont tout notre être spirituel et corporel éprouve physiquement la sensation, puisque cette parole est la vie, et l'activité ; et lorsque Lazare sortit de son cercueil à la voix du Seigneur, ses membres n'éprouvèrent pas autant de cette sensation réelle, que nous en éprouvons dans notre régénération spirituelle, parce qu'après être descendu dans le tombeau, son âme passive ne pouvant recevoir la sensation de la mort et de la froideur sépulcrale, ne pouvait pas non plus en faire la comparaison avec la sensation de la vie qui s'introduisait alors en lui, et semblait le créer pour la première fois : au lieu que notre âme immortelle ne descend point dans le lac de la mort spirituelle, sans en ressentir toute l'horreur ; et par conséquent lorsqu'elle recouvre la sensation de la vie, ce doit être avec une sensibilité inexprimable. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Le Nouvel homme, § 4)


« Son âme passive ne pouvant recevoir la sensation de la mort

et de la froideur sépulcrale »

 

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05/06/2018

«VOYEZ-VOUS TOUS CES ESPRITS PURIFIÉS S’ÉLEVER DANS LES AIRS ? »

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« Voyez-vous l'univers entier s'enfoncer dans le néant, et perdre à la fois toutes ses formes et toute son apparence ? »

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« Pourquoi te livres-tu aux impressions mixtes et inférieures ? Pourquoi descends-tu sur les degrés de l’abîme ? Et ils sont tranquilles dans ces ténèbres ! Et les transports d'une joie insensée viennent encore s'emparer d'eux ! Ces lieux de ténèbres sont pires que les mers agitées. Quand le vaisseau est descendu comme dans des gouffres, ne s'élève-t-il pas sur le sommet des flots ? Mais ici point d'alternative : les gouffres sont toujours ouverts, et dans ces gouffres toujours ouverts l'homme se sent toujours tomber et toujours descendre. Malheureux ! Ces demeures seraient-elles l'asile de ta pensée ? N'es-tu pas né pour l'élément supérieur ? Porte ta vue au dessus de ces abîmes. Contemple les régions élevées qui dominent sur ta tête ; saisis tous ces points d'appui qui sont semés dans l'immensité de l'intelligence et des véritables désirs de l'homme. Ce sont autant de branches que la sagesse te présente dans ton naufrage : portes-y la main ; ne lâche point prise que tu ne sois sorti du gouffre, et que tu ne respires un air pur. Qu'êtes-vous, éléments composés ? Vous n'êtes que l'éponge du péché. Quand ton corps est imbibé de toute ta souillure, il t'abandonne. Il rentre dans la terre, qui est la grande piscine ; et ton âme purgée, s'élève vers sa région originelle, avec tout l'agilité de sa nature. Qu'il sera beau, ce spectacle futur, où toutes les âmes qui n'auront pas succombé à l'épreuve, s'élèveront ainsi vers la région de la lumière ! Voyez-vous l'univers entier s'enfoncer dans le néant, et perdre à la fois toutes ses formes et toute son apparence ? Voyez-vous tous ces esprits purifiés s'élever dans les airs, comme la flamme d'un grand incendie, et ne montrer qu'une clarté éblouissante à la place de toutes ces matières qu'ils ont consumées, et qui ne sont plus ? »

(Louis-Claude de Saint-Martin, L’Homme de désir, § 203)

 


 

05/03/2018

« LE SANG DU RÉPARATEUR »

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« De même que le sang matériel du Réparateur, vu sa pureté, a rectifié toutes les puissances des éléments universels, de même ton sang spirituel en se répandant doit couler sur toute ta personne et sur toutes tes puissances, pour leur rendre leur première vertu et leur premier caractère. »

(L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel homme, § 67)

 

 

« C’EST DONC A L’HOLOCAUSTE ET A LA MORT DE TON ESPRIT QUE DOIVENT ÊTRE CONSACRÉS TOUS TES EFFORTS. »

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« Toi nouvel homme, toi à qui le Réparateur vient de rendre la puissance sacerdotale pour immoler la victime, ne perds pas un instant pour exercer ton ministère. Tu vois que les premiers prévaricateurs ont fait mourir de mort le premier homme envoyé pour le régénérer. Il faut donc que tu meurs de mort une seconde fois, si tu veux payer le tribut à la justice, si tu veux rentrer dans la vie de ton esprit, et cela sans attendre même la mort de ton corps laquelle doit, à la vérité, être toujours prête et résignée de ta part. (…) C’est donc à l’holocauste et à la mort de ton esprit que doivent être consacrés tous tes efforts, et c’est à l’accomplissement de ce grand œuvre que doivent s’employer sans cesse toutes tes intelligences et toutes tes puissances ; car si tu ne meures de mort dans ton esprit avant la mort de ton corps, tu dois craindre qu’après la mort de ton corps, ton esprit ne puisse plus vivre que de mort au lieu de vivre de vie. » 

(L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel homme, § 67)

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« Que les hommes sont aveugles de se croire en vie ! Qu’est-ce que c’est que l’homme tant qu’il n’a pas la clef de sa prison ? » (Portrait, 117)

 

 

« APRÈS AVOIR CONNU LES JOIES CÉLESTES, NE POUVEZ-VOUS PAS DESCENDRE JUSQU’À LA VASE DU LAC DE LA MORT ? »

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« Leur dernier degré de condensation est encore si limpide, que l’œil de l’homme n’en pourrait soutenir l’éclat, s’il n’a acquis sa force et sa maturité. »

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« Heureuses les âmes qui s’humilient devant la vérité, qui supportent en paix la lenteur de la rosée salutaire ! Croiras-tu guérir ta plaie par l’impatience ? Et en levant trop tôt l’appareil, ne la feras-tu pas s’envenimer davantage ? Gémis, prie et attends. Regarde combien les astres sont au-dessus de la terre ; le trône de l’Éternel est si loin au-delà de ces sphères, que tu n’as plus de nombre pour en exprimer l’élévation. C’est là que naissent les eaux bienfaisantes qui seules peuvent fertiliser ta demeure terrestre. Là elles sont pures, subtiles, imperceptibles aux sens de la pensée humaine. A mesure qu’elles descendent, elles ne perdent point leurs qualités vivifiantes ; mais elles se condensent pour s’approprier à notre nature. Leur dernier degré de condensation est encore si limpide, que l’œil de l’homme n’en pourrait soutenir l’éclat, s’il n’a acquis sa force et sa maturité. Tant qu’il est privé de cet air vivant et créateur, comme l’enfant dans le sein de sa mère est privé de l’air naturel, toutes ses facultés sont dans l’inaction. Voilà la vie qui le pénètre ! Voyez son âme aspirer et respirer la vie. Voyez-le entrer en relation avec son atmosphère primitive, et commencer avec elle le commerce qui ne cessera point, comme doivent cesser un jour, et la vie de son corps, et le flux et reflux de la nature. Non, mortels, non, êtres privilégiés, il ne cessera point pour vous : mais ne peut-il avoir encore des suspensions ? Après avoir connu les joies célestes, ne pouvez-vous pas descendre jusqu’à la vase du lac de la mort ? Ne pouvez-vous pas tomber en proie aux illusions de cet être trompeur qui souffle sans cesse aux hommes des plans au-dessus de leurs moyens, afin qu’ils soient couverts de honte et d’humiliation ? Sagesse, sagesse, tu agites quelquefois l’homme avec un bras puissant ; tu l’élèves aux régions suprêmes, tu le plonges dans l’abîme. Tu lui fais sentir, tantôt les glaces du Nord, tantôt la chaleur dévorante du Midi, afin qu’il sache que toi seule es le Seigneur, et afin qu’il ne se glorifie, ni ne se décourage. L’espérance et l’humilité, voilà les éléments dont tu veux composer en lui la charité divine, cette vertu qui sera son seul titre pour être admis dans la séjour de la paix, de la jouissance et de l’amour.

 

»(Louis-Claude de Saint-Martin, L’Homme de désir, chant 36.)


« C’est là que naissent les eaux bienfaisantes ... »

 

« IL EST VAIN D’ESPÉRER ETRE LIBÉRÉ DE L’ANGOISSE QUI ÉTREINT ET ÉTOUFFE TOUTES LES RÉGIONS DU VASTE MONDE. »

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« Il ne faut que jeter les yeux sur l’état des hommes ici-bas, pour juger avec quelle étendue cette sévère justice s’accomplit ; quel est celui de nous qui ne paye pas d’une manière ou de l’autre ce tribut d’humiliation ? où est notre force ? où est notre autorité ? où est notre puissance ? où est notre lumière ? excepté l’indigence, le désordre, et l’infirmité et les ténèbres, quels autres témoignages présentent aujourd’hui nos diverses facultés ? Toutes les influences que nous répandons autour de nous, sont-elles autre chose que des influences cadavéreuses ? »

(L.-C. de Saint-Martin, Ecce Homo, § II)

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- La mort, forme d’un juste et inévitable châtiment -

« Si nous acceptons donc, honnêtement, de regarder ce qui en nous mérite la sentence d’un crime s’accomplissant de nouveau dans le moindre de nos gestes, reproduit en chacune de nos pensées, réactualisé par la plus infime de nos actions, puisque nous sommes totalement traversés, en tant que fils d’Adam, par le péché, entièrement marqués par la perversion, alors peut, éventuellement, s’expliquer à nos yeux endormis, le sens de la dure rançon que nous devons payer à cause de la faute de notre premier parent selon la chair et, par cette compréhension retrouvée, voir s’ouvrir les portes de la rédemption espérée. Cependant, afin que ce réveil puisse s’accomplir, encore faut-il que la pénible dégradation, que nous évoquons, dont la mort est le signe le plus frappant, ne soit pas masquée par des doctrines trompeuses et inexactes écartée par la stupide négation, oubliée par l’effet du puéril divertissement, « nous n’avons l’intention de parler, prévient Saint-Martin, qu’à ceux qui n’en nient pas l’existence. » (L.-C. de Saint-Martin, Ecce Homo § II).

On peut certes nier l’évidence, chercher de dérisoires consolations par de coupables égarements, mais il est vain d’espérer être libéré de l’angoisse qui étreint et étouffe toutes les régions du vaste monde. La faute originelle n’a de cesse de peser sur nos vies, d’assombrir la situation de notre séjour en cette vallée de larmes. Nous savons bien que toute la descendance humaine peine durement, depuis le commencement des siècles, pour rembourser les vertigineuses dettes qu’Adam, par son acte, a contractées envers la Divinité. »

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Jean-Marc Vivenza, « Le sens spirituel de la mort selon la doctrine de l’illuminisme mystique », in  Entretiens spirituels et écrits métaphysiques, Le Mercure Dauphinois, 2017, pp. 210-211.

 

« QUE LE FEU DE CET ESPRIT CONSUME EN MOI JUSQU’AUX MOINDRES TRACES DU VIEIL HOMME, ET QU’APRES L’AVOIR CONSUMÉ, IL FASSE NAITRE DE CET AMAS DE CENDRES, UN NOUVEL HOMME SUR QUI TA MAIN SACRÉE NE DÉDAIGNE PLUS DE VERSER L’ONCTION SAINTE. »

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« Ainsi les formes peuvent être aisément réintégrées dans le principe qui les a produites … »

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« Que dire donc à ceux qui ne veulent pas croire à une diversité d'actions génératrices primitives, pour la production de la matière et qui, par conséquent, regardent cette matière comme une chose éternelle et dont la réintégration est impossible ? Il faut leur répondre par de simples faits : depuis que le monde existe, la terre a reçu dans son sein les cadavres d'un grand nombre d'hommes et d'un grand nombre d'animaux ; cependant elle n'a pas augmenté de volume pour cela, ainsi il faut bien que leurs formes ne soient pas inréintégrables et que, par conséquent, celle de la matière universelle ne soit pas inréintégrable non plus. Mais l'incinération est encore une objection qu'on peut leur présenter : car, si le simple feu élémentaire réduit un corps à une si petite portion de cendres, comment ne pas voir que le feu supérieur pourra réduire encore davantage, puisqu'il est plus actif, le corps général de la nature. Ainsi les formes peuvent être aisément réintégrées dans le principe qui les a produites et tout nous montre comment il est possible que l'univers disparaisse et soit réintégré.» 

(L.-C. de Saint-Martin, De l’esprit des choses, vol. I., «Des éléments mixtes et de l'élément simple»)

 


« Libera me Domine, de morte aeterna  … »

 

« LES HOMMES SONT ICI-BAS COMME AUTANT DE PRISONNIERS QUE L’ON A RETRANCHÉS DE TOUTE COMMUNICATION AVEC LES CRÉATURES VIVANTES, ET QUE L’ON A MIS, POUR AINSI DIRE, AU SECRET. »

« Nous n’y pouvons jouir des entretiens, et de la consolation de personne ; un sévère et farouche geôlier nous jette rudement notre grossière nourriture, et se retire sans daigner même nous adresser le moindre mot de consolation. »

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« Quelquefois, il est vrai, après de longs jours passés dans cette désolante situation, on nous permet le léger adoucissement de voir quelques-uns de nos proches, et de nos amis, mais seulement pour un instant ; puis on nous replonge dans notre affreuse solitude. Enfin quelquefois après ces cruelles épreuves, on nous ouvre les portes de notre prison, et on nous remet en liberté. Mais en combien est petit le nombre de ceux pour qui brille enfin le jour de la délivrance ! Combien d’autres au contraire voient se multiplier leurs fers, et sont condamnés à ne jamais connaitre le moindre soulagement ! Combien en est-il qui doivent passer leurs jours dans les cachots, et pour qui il n’y aura point d’intervalle entre les horreurs de leur prison, et les horreurs de leur tombeau ! »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Le Nouvel Homme, § 50.)


Kreuzweg Ost, « Existus in Paradisum », Gott Mit Uns (2012)

 

« ET L'HOMME A SA MORT SE TROUVE COMME CONFONDU AVEC LES RUINES DE SA FORME CORPORELLE (...) »

« (...) ces débris même devant rester entassés sur lui, tant qu'il ne sentira renaître au centre de son existence, rien d'assez vivant pour briser et détruire les liens qui l'attachent à la région inférieure des corps.[*] »

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« [La Vérité] veut que cet homme se lave et se régénère perpétuellement, et en entier dans la piscine du feu, et dans la soif de l'unité ; elle veut qu'il fasse boire chaque jour ses péchés à la terre, c'est-à-dire, qu'il lui fasse boire toute sa matière, puisque c'est là son vrai péché ; elle veut qu'il tienne sans cesse son corps prêt à la mort et aux douleurs, son âme prête à l'activité de toutes les vertus, son esprit prêt à saisir toutes les lumières, et à les faire fructifier pour la gloire de la source d'où elles lui viennent. »

(Louis-Claude de Saint-Martin, Le Nouvel homme, § 1).


« Ce qui est manifesté est condamné à disparaître, est destiné à être englouti définitivement sans aucun espoir de retour. » (J.-.M. Vivenza, René Guénon & la tradition primordiale, Editions la Pierre Philosophale, 2017)

 

[*] Tableau naturel, XV

« VÉRITÉ SAINTE, TU ES ENCORE COMME ENSEVELIE DANS LES SÉPULCRES ; MAIS TU Y AS ÉTÉ ENTERRÉE VIVE. »

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 « In momento in ictu oculi in novissima tuba canet enim et mortui resurgent incorrupti et nos inmutabimur. »  (1 Corinthiens, 15 :52)

 

« Tu renaîtras de toutes les régions de la terre, et tu replongeras la mort dans son tombeau, pour qu’elle s’y convertisse en pourriture. C’est le Seigneur lui-même qui te relèvera, et qui fera flotter tes enseignes aux yeux des nations. Que vous a-t-il dit ? Toutes les armées qui auront été préparées pour vous blesser, ne porteront point contre vous ; et vous jugerez vous-mêmes toutes les langues qui seront élevées contre vous, pour vous faire condamner. C’est là l’héritage des serviteurs du Seigneur ; C’est ainsi qu’ils trouveront justice auprès de moi, dit le Seigneur. Vous donc, tristes victimes des afflictions humaines, redoublez d’efforts pour ne pas laisser éteindre en vous le flambeau des consolations. Le trajet est court : vous voyez déjà l’autre rive. Ne vous restât-il qu’une étincelle de la vivifiante espèce, conservez-la précieusement. Quand vous arriverez dans les régions de la vie, il ne vous faudra que cette étincelle pour les embrasser toutes entières, et les rendre à jamais toutes lumineuses pour vous. Parce que les substances qui les composent sont plus faciles à enflammer que celles de la foudre même, et plus mobiles que les éclairs. »

L.- C de Saint-Martin, L’homme de désir (1792), 14.

 


« En un instant, en un clin d’œil

Les morts se relèveront, incorruptibles »

« Mais le soir tu te couches dans l’affliction et dans les larmes, parce que tu as en vain cherché ton épouse »

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« Homme, le mal est encore plus grand. Ne dis plus que l’univers est sur son lit de douleurs ; dis : l’univers est sur son lit de mort. »

 

« Oui, soleil sacré, c’est nous qui sommes la première cause de ton inquiétude et de ton agitation. Ton œil impatient ne cesse de parcourir successivement toutes les régions de la nature ; tu te lèves chaque jour pour chaque homme ; tu te lèves joyeux, dans l’espérance qu’ils vont te rendre cette épouse chérie, ou l’éternelle SOPHIE, dont tu es privé ; tu remplis ton cours journalier en la demandant à toute la terre avec des paroles ardentes où se peignent tes désirs dévorants. Mais le soir tu te couches dans l’affliction et dans les larmes, parce que tu as en vain cherché ton épouse ; tu l’as en vain demandée à l’homme ; il ne te l’a point rendue, et il te laisse séjourner encore dans les lieux stériles, et dans les demeures de la prostitution.

Homme, le mal est encore plus grand. Ne dis plus que l’univers est sur son lit de douleurs ; dis : l’univers est sur son lit de mort ; et c’est à toi de lui rendre les derniers devoirs ; c’est à toi à le réconcilier avec cette source pure dont il descend, cette source qui n’est pas Dieu, mais qui est un des éternels ouvrages de sa puissance, et dont l’univers n’eût jamais dû être séparé ; c’est à toi, dis-je de le réconcilier avec elle, en le purgeant de toutes les substances de mensonge dont il ne cesse de s’imprégner depuis la chute, et à le laver d’avoir passé tous les jours de sa vie dans la vanité. »

L.- C. de Saint-Martin, Le Ministère de l’Homme-Esprit (1802), première partie, « De la Nature »


« NOS ESPRITS NE S’EN VONT RÉELLEMENT POINT. »

«  (…) on me demande si je crois aux revenants … »

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« Quand on me demande si je crois aux revenants, je réponds que non, parce que je ne crois point aux s’en allants, attendu que malgré notre mort terrestre, nos esprits ne s’en vont réellement point, et que c’est leur affection qui fait toute leur localité. »

(L.-C. de Saint-Martin, « Portrait », 553)

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« Le malheureux homme offre à nos yeux le même tableau, et avec des couleurs cent fois plus choquantes et propres à jeter la désolation dans toutes les substances de l'esprit. »

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« La vie divine pénètre les âmes, comme l'air pénètre tous les corps. Elle pénètre les âmes pour qu'elles puissent germer et produire des fleurs sans nombre, et dignes de parer le jardin d'Eden. Mais ces mêmes âmes, au lieu de remplir l'atmosphère de la douce odeur des aromates bienfaisantes, ne répandent dans la région de l'homme que les poisons les plus pénétrants et les plus fétides. Pleurons de honte et d'humiliation de nous trouver si loin de notre patrie ; de nous trouver continuellement serrés et déchirés par le cilice de l'iniquité. Le sang ruisselle de tous nos pores, et de peur que la douleur ne soit pas assez vive, nous tournons le glaive mutuellement dans nos plaies, et nous nous servons tous de bourreaux les uns aux autres. Amis, amis, bornons-nous à nous servir réciproquement de sacrificateurs, et efforçons-nous chacun de faire sortir de l'âme de nos frères, des victimes pures, qui puissent être présentées sur l'autel des holocaustes. »

(L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme, §30)

 

« NOUS SOMMES PLACÉS, DEPUIS NOS PREMIERS INSTANTS SUR CETTE TERRE, DANS UNE INCONFORTABLE ET ÉPROUVANTE SITUATION »

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« Ô homme ! Si tu n’es pas encore assez avancé pour verser des larmes sur ta misère, au moins ne t’abuse pas jusqu’à la regarder comme un état de bonheur et de santé. Ne te laisse pas prendre à ces fascinations qui te séduisent. Ne fais pas comme un enfant malade qui cesse de crier au bruit d’un hochet agité devant ses yeux, et qui même alors offre un visage riant et tranquille, comme si le mal qui le ronge n’était plus à redouter pour lui, quand la vue de ce hochet a suspendu pour un temps ses douleurs. Pour peu que tu fermes un instant tes yeux sur ces illusions qui te distraient, le mal ne tardera pas à se faire sentir. »

(L.-C. de Saint-Martin, Ecce Homo, § III)

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« Il serait donc fou de ne pas accepter les éclatantes preuves de notre réprobation, on ne connaîtrait pas d’attitude plus erronée, plus inconséquente, plus démentielle, que de se refuser d’admettre que nous sommes placés, depuis nos premiers instants sur cette terre, dans une inconfortable et éprouvante situation. Contrairement à ce que, dans leur indigence spirituelle, soutiennent les chantres du carpe diem, seul un insensé oserait affirmer le caractère enviable de notre sort, un dément, uniquement, qualifierait d’agréables les conditions que nous rencontrons lors de notre passage en ce monde. »

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Jean-Marc Vivenza, « Le sens spirituel de la mort selon la doctrine de l’illuminisme mystique », in  Entretiens spirituels et écrits métaphysiques, Le Mercure Dauphinois, 2017, p. 211.

« UN SÉVÈRE ET FAROUCHE GEÔLIER NOUS JETTE RUDEMENT NOTRE GROSSIÈRE NOURRITURE, ET SE RETIRE SANS DAIGNER MÊME NOUS ADRESSER LE MOINDRE MOT DE CONSOLATION. »

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« Mais combien est petit le nombre de ceux pour qui brille enfin le jour de la délivrance ! Combien d’autres au contraire voient se multiplier leurs fers, et sont condamnés à ne jamais connaître le moindre soulagement ! Combien en est-il qui doivent passer leurs jours dans les cachots, et pour qui il n’y aura point d’intervalle entre les horreurs de leur prison, et les horreurs de leur tombeau ! »

(L.-C. de Saint-Martin, Le Nouvel Homme, §50)

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« Aie toujours présent à l'esprit que tu as un corps qui appartient à la terre » (L.-C. de Saint-Martin, Le Livre Rouge, 264).

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« Qui suis-je ? Un vil amas de dégoûtantes ordures qui ne répandent en moi et autour de moi que l'infection (1). »

 

« Que suis-je, moi qui parle avec toi ? Malheur à moi ! Seigneur, épargne-moi ; moi, cadavre en décomposition, pâture des vers, ustensile infect, proie des flammes ! Que suis-je moi qui parle avec toi ? Malheur à moi ! Seigneur, épargne-moi ; malheureux homme que je suis ; un homme né de la femme, vivant peu de temps, rempli de mille misères (cf. Job, 14, 1) ; un homme devenu semblable à la vanité (cf. Ps. 143, 4), comparable aux bêtes sans raison et déjà devenu semblable à elles (cf. Ps. 48, 13). Que suis-je encore ? Un abîme ténébreux, une terre de misère, un fils de la colère, un ustensile à usage vulgaire (cf. Tim. 2, 20), engendré dans la saleté, vivant dans la misère, destiné à mourir dans l’angoisse. Hélas ! Misérable, que suis-je ? Que vais-je être ? Et que suis-je ? Un tas de fumier, une fosse de décomposition… »

Augustinus, Soliquia animae ad Deum, cap. 2 (édi. Des Mauristes, t. VI, col. 86 ; PL 40, 866-867)

(1) Louis-Claude de Saint-Martin, Prière n°8. in Jean-Marc Vivenza, Pratique de la prière intérieure, éditions La Pierre Philosophale, octobre 2015, p. 191